Petit conte moderne à l’attention des malentendants, malvoyants et chômeurs fainéants. Ben
oui, les autres ils bossent alors ils ne sont - pas encore - concernés.
Récit authentique d’une rencontre entre les trois protagonistes le 20 janvier 2009. C’est à l’occasion de notre réunion trimestrielle de renouvellement de mon Contrat d’insertion - que j’ai
dû solliciter deux fois par courrier en décembre dernier - que cette histoire s’est déroulée.
Derrière le bureau, pour former le Tribunal : « mon conseiller d’insertion
» auto proclamé (C.I.), la « pôv » assistante sociale (A.S.) nommée par décision du Conseil général du Morbihan.
Devant le bureau : le vilain chômiste, escroc, profiteur sans vergogne, suceur du sang des valeureux travailleurs - qui travaillent plus pour gagner moins - : Moi.
- Le C.I. : alors où en sont vos relations avec l’ANPE ?
- Moi : heu… vous parlez de qui ? (ben oui, depuis le 1er janvier 2009 l’ANPE est fusionnée avec l’ASSEDIC)
- Le C.I. : ha oui, le Pôle-emploi, hummmpfff… vous voyez bien… Alors, où en êtes-vous avec le Pôle-emploi ?
- Moi : nulle part !
Je sorts mon classeur de « recherches d’emplois » dans lequel j’archive mes candidatures et les réponses (quand il y en a).
Je sorts également le dossier technico-économique élaboré en vue de la reprise d’une exploitation agricole pour faire un atelier de viande ovine. … et je lui dis : ben comme vous pouvez en
juger, je vous assure que contrairement à ce que pensent les gens de l’ex-ANPE je ne travaille pas « au black », comme vous me l’avez rapporté dernièrement…
- Le C.I. : donc pour le moment vous vous passez de l’ANPE (oui, il a bien du mal à se mettre à la nouvelle dénomination… enfin…) ?
- Moi : Eh bien oui !
- Le C.I. : mais vous ne pensez pas que vous devriez suivre des ateliers de… l’ANPE ? Comme : rédiger une lettre, préparer un entretien, rechercher un emploi, se positionner, … ?
- Moi : J’ai déjà fait un stage de 3 mois dans l’été 2006 « Marketing emploi »… Je vois le résultat !
Mon problème n’est pas ma façon de postuler, mais :
1/ mon âge : 51 ans
2/ mon parcours : les recruteurs ne savent pas dans quelle « case » me mettre, pour moi c’est moins simple que si j’étais : plombier, maçon, couvreur, boucher, comptable, …
3/ avoir été chef d’entreprise ou chef de projet pendant 25 ans.
4/ la conjoncture
5/ le marcher de l’emploi local.
- Le C.I. : mais… vous ne pensez pas que vous avez aussi un problème de positionnement ?
Je veux dire… heu… enfin… quand il y a un mois, la façon dont vous m’avez parlé… votre arrogance… Vous êtes conscient de ce que vous dites, de la façon dont on vous perçoit ?
- Moi : ce que je vous ai dit (que vous m’étiez totalement inutile) et la façon dont je l’ai fait faite était parfaitement calculée et maîtrisée.
Je ne suis pas encore sénile, donc quand j’emplois un mot qui « fait mouche » c’est que c’était voulu, calculé, pesé !
Pour expliquer mon aversion envers ce quadra « auto-satisfait » dont les rondeurs excessives traduisent de son côté une absence totale de remise en question sur le bien fondé de sa raison d’être
et encore moins sur les moyens qu’il propose (voir le lien sur la présentation de ce métier, plus haut), voici un florilège de nos rares échanges épistolaires via le net :
-----------------------------------------------------------------------------------
Date : 27/03/08 08:25
De : "Philippe LE QUENTREC"
A : antoine-legal@wanadoo.fr
Objet : Candidature SIMATEL
Monsieur.
Nous nous sommes rencontrés lors de la réunion d'information organisée le 7 mars par l'ANPE, puis vendredi dernier. J'ai sollicité votre aide pour retrouver un emploi. Hier, j'ai envoyé une
candidature à la société SIMATEL de Plumelin qui recherche un "chargé de recouvrement". Pour moi ce serait un "ballon d'oxygène" que d'avoir ce poste. Connaissez-vous Monsieur Bruno ZIMMER qui
semble assurer le recrutement ?
Je vous mets en pièce-jointe la lettre et le CV que j'ai envoyé.
Pouvez-vous intervenir pour "appuyer" ma candidature ?
Voici le texte de l'annonce ANPE : ….
----------------------------------------------------------------------------------------
From: alg
To: Philippe LE QUENTREC
Sent: Thursday, March 27, 2008 12:28
PM Subject: re: Candidature SIMATEL
> MMe coindet ( chargé de mission prospection), que j'ai joint ce matin tel à cette entreprise pour votre candidature ( elle à déja des contacts
) tenez moi au courant
> antoine le gal
----------------------------------------------------------------------------------------
De : alg
Date : vendredi 4 avril 2008 10:10
A : Philippe LE QUENTREC
Re: Candidature SIMATEL
j'ai demandé à l'ANPE de vous tranmettre une offre sur plumeliau (resp de production) sinon Mme COINDET propose votre profil aux entreprises
qu'elle démarche et me tient au courant
A LE GAL
----------------------------------------------------------------------------------------
Message du jeudi 10 avril 2008 16:34
De : "Philippe LE QUENTREC"
A : "alg"
Objet : suite notre rendez-vous...
Monsieur.
Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint le modèle de lettre que j'ai adressée aux 4 entreprises dont nous avons parlé en début d'après-midi.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sincères salutations.
----------------------------------------------------------------------------------------
Message du lundi 14 avril 2008 12:16
De : "Philippe LE QUENTREC"
A : "alg"
Objet : et encore un...
Monsieur.
Je ne sais si Mme COINDET avait contactée la société Ouest Pyro, mais j'ai été avisé ce matin par SYNERGIE Lorient que ma candidature n'a pas été retenue.
Si l'une des 4 entreprise à qui j'ai envoyé une demande d'EMT m'accepte pour le stage mais n'a pas de poste à pourvoir, je fais quoi ? ça aura servi à quoi ?
Dans l'attente de vous lire je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sincères salutations.
----------------------------------------------------------------------------------------
…
----------------------------------------------------------------------------------------
Message du 11/08/08 08:23
De : "Philippe LE QUENTREC"
A : "alg"
Objet : Appui candidature au C.G. 56 ?
Monsieur.
Comme je vous le disais dans un courriel du 3 juillet dernier je suis toujours en recherche active d'emploi salarié. Le projet ovin étant fortement compromis par l'absence de fermes à vendre
c'est ce qui m'a conduit à poursuivre la consultation des sites d'offres d'emplois. J'ai vu dernièrement qu'un poste de "secrétaire du service développement économique et emploi du Conseil
général du 56" était à pourvoir. J'ai préparé un dossier de candidature que je vous soumets en P.J. Il y a l'offre, ma lettre de "motivation" et mon cv.
Pouvez-vous d'une manière ou d'une autre "appuyer" ma candidature ?
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sincères salutations.
----------------------------------------------------------------------------------------
De : alg
Date : mardi 12 août 2008 15:57
A : Philippe LE QUENTREC
Objet : Appui candidature au C.G. 56 ?
bonjour vous avez raison de postuler , votre lettre explique en effet le pourquoi de votre candidature qui pourrait sembler atypique sur ce type de
poste , pour un appui quelconque je vous encourage à vous rapprocher d'un politique , conseiller général local ou autre politique , dans ce service je ne connais personne en particulier ; je
prfite de ce message pour vous proposer u n rdv avec Mme mattecat auquel je pourrais etre présent à la demande de mme mattecat si vous n'y voyez pas d'objection le 20 aout 08 à 9 h au bureau de
mme mattecat , cms rue de rivoli pontivy vous remeriant de l'intéret que vus porterez à ce courrier recevez mes meilleures salutations A LE GAL
----------------------------------------------------------------------------------------
Finalement, ce type, mis à part de me répondre que « sa collègue » se décarcassait, à chacune de mes demandes d’appui, il a botté en touche ou… ne répondait pas pour raison de stage, de congé ou
de… !
Alors, oui… ce genre de personnage, au bout de très peu de temps, ils me ressortent par les yeux et me provoquent des réactions allergiques… parfois violentes.
Je suis probablement le sale con imbu de sa personne qu’il s’imagine, qu’il décrit à ses confrères, mais « moa » Môssieur j’ai effectivement une certaine idée de ce que je vaux, de ce que je suis
capable de faire.
Le poste de « distributeur d’annuaires téléphonique » proposé par la « dame de l’ANPE » de Pontivy, à la bouche en cul-de-poule, qui m’a convoquée pour ouvrir MON dossier en juillet 2007, ou
celui à mi-temps de chauffeur de personnes handicapées… ben je regrette, mais je n’en veux pas.
Oui Môssieur, j’ai :
- partagé la table - de repas et de travail - avec des Ministres, des Ambassadeurs, des Consuls, un Directeur général adjoint de la Banque Mondiale…
- bourlingué au fond de la brousse africaine dans des pays en guerre (Tchad) ou en rébellion permanente (Centrafrique)…
- fait un peu de « renseignement » avec les « Services spéciaux » en Centrafrique…
- pêcher à la grenade et chassé au FAMAS avec des légionnaires…
- bouffer du lion, de l’hippopotame, des criquets grillés, des antilopes et des sardines en boite…
- accompli quelques missions utiles aux populations dans le domaine du développement rural en Afrique.
Rentré en France, j’ai créé une entreprise, œuvré au sein de diverses associations, je me suis vautré dans le club Rotary de « mon bled » - ce qui me dégoûtait - et j’ai donc à nouveau
travaillé avec des élus « locaux » : Maires, Conseillers généraux, régionaux, rencontré à plusieurs reprises Madame COMPARINI lorsqu’elle était Présidente de la Région Rhône-Alpes…
De toutes ces expériences, j’ai effectivement acquis une certaine idée de qui je suis, de ce que je suis capable de faire et de ce fait je ne veux pas accepter n’importe quoi pour le profit de
certains « enfoirés ».
Nous découvrons aujourd’hui les salaires des dirigeants des Banques dont les déboires, les incompétences, l’inconséquence est étalée sur la place publique depuis dix-huit mois.
Ces messieurs gagnent près de trois millions d’€uros par ans !
Et moi, comme nombre d’autres traîne-misère nous devrions nous contenter de six cents à mille €uros pour des mi-temps de merde…
Je ne veux pas cautionner cette situation, cette société mercantile !
Enfant, dans les années 60, j’ai entendu tous les soirs mes parents relater les affronts endurés dans la journée de la part de petits-chefs, contremaîtres frustrés.
Mes grands-parents, eux aussi, ouvriers du bas de l’échelle on subit l’injustice sociale.
- Un grand-père paternel obligé de quitter sa Bretagne natale pour aller vendre sa force de travail dans les plaines céréalières et betteravières, dès la fin de son adolescence à la fin de
la première guerre mondiale. L’exploitation agricole familiale étant incapable de subvenir aux besoins des 7 ou 8 enfants.
- Une grand-mère paternelle obligée de quitter, elle aussi, sa Bretagne natale pour aller faire des ménages chez les « bourgeois » parisiens.
- Un grand-père maternel élevé par l’assistance publique après avoir été abandonné par un père parti travailler en Australie en 1910.
- Une grand-mère maternelle, qui a fait son apprentissage dans une entreprise de fleurs en tissus dans le Paris de 1914. Rabaissée plus bas que terre par une « charogne » qui distribuait ses
ordres depuis un « fauteuil percé » placé sur une estrade qui dominait l’atelier…
Enfant, né dans le « 9.3 », élève très moyen, je ne rêvais qu’à une chose : devenir agriculteur.
J’ai fais les études pour réaliser ce projet.
Finalement, je suis allé jusqu’au BTS, ce qui dans les années 70 était déjà pas mal.
Finalement, je suis parti en Afrique pensant pouvoir apporter quelque chose aux populations qui étaient régulièrement touchées par des famines, des épidémies, des catastrophes naturelles.
Après coup j’ai pris conscience que nous poursuivions de manière hypocrite nos relations « coloniales ».
C’est une discussion avec le Directeur général adjoint de la Banque Mondiale - mentionnée plus haut -, en tournée en Centrafrique, qui m’en a fait prendre conscience.
Aujourd’hui, j’ai compris comment fonctionne notre société et j’ai décidé de ne plus plier l’échine, de ne plus tendre la joue !
Tous ces fonctionnaires chargés de l’emploi (doux euphémisme…, disons plutôt chargé de… enfin, passons) me font penser aux Curés qui parlent de « l’amour » (ne connaissant tout au plus que la
masturbation, la sodomie ou la pédophilie).
Qu’est-ce que les employés du Pôle-Emploi savent du quotidien d’un demandeur d’emploi et qu’on n’arrête aussi l’hypocrisie qui veut qu’on parle de Demandeurs d’emploi ?
J’ai eu sur Lyon un référent RMI qui était une « beurette »…
Elle, elle savait ce que c’était que chercher du travail.
Elle en avait fait l’expérience et connaisait les difficultés provoquées par certains handicaps liés aux origines sociales, ethniques et autres…
Tout ce que mes interlocuteurs Morbihannais ignorent royalement.
Alors… un stage pour rédiger mon CV ?
Un stage pour bien me comporter en entretien de sélection ?
Un stage de travail non rémunéré ?
Un job de merde… ?
Eh bien NON ! NON et NON !
Les dirigeants de nos pays ont fermé les yeux sur les fermetures d’entreprises prétendument indispensables pour leur compétitivité, ils ont acceptés de brader nos savoir-faire industriels au
nom d’accords commerciaux dont nous étions les dindons.
Aujourd’hui, les grandes entreprises se frottent les mains en ayant pu faire baisser de moitié les salaires sans le moindre conflit social !
C’est du grand art !
Mais que les « sbires » du pouvoir - que sont la majorité des employés des services de l’Emploi - veuillent nous faire culpabiliser pour ne pas avoir retrouvé du travail… c’est dangereux
! En tout cas, je m’y refuse.
Je resterai « arrogant », « provocateur », « ironique », « insolent », mais je garderai ma dignité !
Il est quand même paradoxal que les « pros » du reclassement ne parlent que de stages non rémunérés, d’ateliers « Pôle-Emploi » alors que des initiatives comme celles des « DEROUILLEURS » du handicap social, - carnet d’adresses collectif des refusés pour cause de bronzage prononcé et
nom à consonance exotique - prouvent leur efficacité uniquement en usant des réseaux et en contournant les critères de sélection stupides que les recruteurs français imposent !
Alors… qu’allez-vous faire, me demandait ce pauvre ANTOINE ?
C’est bien simple… continuer à attendre !
En presque quatre ans de chômage, trois ans et demi de RMI, j’ai appris - comme le conseillait la Ministre de l’Economie - à me passer de tout ce qui n’est pas indispensable.
Et ça en fait des choses, dont je me passe.
Je continue à puiser dans mes maigres économies faites - fort heureusement lorsque je travaillais en Afrique et avec l’héritage de mes parents - pour vivre et compléter l’obole du RMI
(480 €/mois).
J’arrive même encore à faire chauffer ma carte bleu et à faire des soldes folles.
Il y a quelques jours, je me suis offert un jean LEWIS 501 neuf et une paire de chaussures en cuir pour… 9,80 €… chez EMMAÜS !
C’était les soldes : moins 30% et bonus de 10 % pour deux articles achetés !
Alors… pas de travail au « black » comme le clame l’autre imbécile de feu l’ANPE, juste une « adaptation ».
Au fait… l’intelligence, n’est-ce pas la propension à s’adapter aux situations nouvelles, trouver de nouvelles solutions à des problèmes nouveaux ?
Je suis une illustration de ce nouveau mode de vie : dépenser moins, consommer mieux !
Il faut arrêter de voir un escroc derrière chaque individu qui ne vit pas comme vous. Les escrocs sont souvent ceux à qui vous voulez ressembler : TAPIE ; J-M MESSIER, qui reviennent comme par
hasard sur le devant de la scène médiatique en ce moment…
Finalement, en guise de conclusion de ce "non entretien" "ILS" ont mis que notre "collaboration" n'avait pas de raison d'être et que la "C.L.I." (commission locale d'insertion) devrait juger de
la suite à donner...
Et je devrais faire amende honorable ?
Ha... je constate que j'ai oublié de rapporter les paroles de réconfort de l'A.S. qui n'a
pas quitté un instant cet air "plein de compassion" qui caractérise cette profession.
Ben en fait... elle s'est contenté d'acquiesser lorsque le CI a relevé ironiquement que je demandais à ce que ce genre d'entretien se tiennent le jour ou je fais mes courses chez
Intermarché, le mardi (oui, le mardi c'est 10% en prime sur la carte de fidélité...) alors, je limite mes déplacements au strict nécessaire.
Pauvre garçon... faignant, bête et... méchant !
Je suis vraiment un sale con médisant !
Derniers Commentaires