Fatigué par tous ces projets bloqués à la case départ, je me lance quand même.
Mes projets ? Comment est-ce possible que malgré ce tunnel - appelé chômage - qui dure depuis plus de 4 ans, j'ai encore des projets ?
Oh... restons lucide.
- J'avais le secret espoir de refonder une famille. Celui-là, je l'ai abandonné. Ce n'est pas dans mon trou de campagne que je risque de trouver Bécassine. Elle a dû se barrer en ville.
- J'avais l'espoir de retrouver un emploi salarié. Là aussi, j'ai bien compris le message. Pas besoin de toi... Tu ne parles même pas l'anglais, donc les "as been" de ton espèce n'ont pas de
place dans notre monde "anglo-saxonisé" (et depuis quelques jours Mickael Jacsonnisé).
- J'avais le rêve de devenir agriculteur. Celui-là, il me tient depuis l'enfance. Je l'avais laissé de côté, malgré ma formation dans cette optique et un passage de près de 10 ans dans le
"para-agricole" en Afrique.
En venant en Bretagne - terre natale de mes grands-parents paternels - j'avais quand même cette petite veilleuse qui restait allumée... devenir éleveur de moutons !
Des projets j'en ai monté SEPT ! aucun n'a abouti pour des tas de raisons : trop cher, pas viable, pas ci, pas ça, pas finançable...
Dernièrement, je pensais qu'en vendant cette ferme que j'ai restauré, je pourrais auto-financer une bonne partie de mon dernier projet.
La vente traîne, s'éternise... Déjà 8 mois et rien de concret. Quelques visites, quelques "touristes", quelques... mais rien de concret alors...
Alors, depuis quelques jours j'ai refais mes calculs et finalement, plutôt que d'écouter les sirènes qui m'incitent à baisser le prix de vente de cette petite ferme, je me suis décidé à remettre
le terrain - 2 ha - en état. Une source qui traverse ce grand pré a provoquée l'apparition d'une zone humide, envahie de joncs. L'ancien propriétaire de cette ferme - mon voisin
- me répète régulièrement que de "son temps" il entretenait un petit fossé qui permettait à cette source de s'écouler librement, la prairie était verte et "grasse"...
Oui mais... aujourd'hui, on ne peut plus utiliser d'engins mécaniques pour l'entretien des fossés - au nom de cette sacro-sainte écologie que je vénère- alors, les vaches piétinent en
s'abreuvant et au fil du temps elles "défoncent" les abords des ruisseaux, détruisent le cours régulier et les abords se transforment en marécage. L'eau ne trouvant son chemin pour s'écouler
finit par se répandre sur des dizaines de mètres carrés.
Dans mon pré, près de 3 000 m² sont devenus marécageux. L'an dernier j'avais entrepris de débroussailler cette zone. Des ronces de plus de 10 ans s'entremêlaient avec les joncs et les herbes...
En près de 3 semaines j'étais venu à bout de cette végétation. Le bas du pré avait retrouvé un air paisible...
Mais l'an dernier, je n'avais pas terminé les travaux de la maison. J'avais donc abandonné la remise en état de ce pré à ce stade, pour me consacrer à la maison. J'avais bien vu qu'il
fallait impérativement retracer le fossé pour permettre à l'eau de s'écouler et ainsi assainir, mais...
Alors, cette année, j'ai repris le travail. J'ai recommencé le débroussaillage et surtout commencé à recreuser le fossé. Travailler dans la boue ralenti considérablement l'avancement mais je
tiens bon.
Je tiens bon, car... j'ai commandé une trentaine de brebis !
Je vais "retaper" l'ancienne étable, la transformer pour l'aménager en bergerie. Un peu de démolition, d'électricité, de plomberie, de menuiserie pour faire les séparations des parcs, les cases
d'agnelage, les mangeoires, etc.
Je me bagarre un peu (et oui... encore...) avec les représentants du Conseil général et de Pôle-Emploi pour me faire payer une formation en septembre et... finalement je vais être AGRICULTEUR
!
Voilà !
C'est dit, c'est presque fait.
Seule ombre au tableau... c'est pas rentable. En effet, c'est beaucoup trop petit. Tant pis...
C'est juste une phase transitoire. Le temps de vendre "correctement" la maison. Ensuite... je prendrais le temps de trouver une exploitation et commencer en vrai. Mais, c'est décidé, rien de
gigantesque. Une vingtaine d'ha, cent cinquante à deux cents brebis... De la vente directe, de la production "raisonnée"...
C'est décidé, c'est en marche.
De ce pas, je vais continuer à débroussailler avant qu'il ne fasse trop chaud. Si, si... même en Bretagne, cette année, il arrive qu'il fasse trop chaud et pas de pluie depuis trois semaines !
(donc pas le temps de relire).
Des voeux... pourvu que ceux là se transforment en réalité.
En tout cas... merci et je les accepte.
(P.S. ne tiront pas trop vite sur ceux qui se plaignent. Tout le monde n'a pas eu la chance comme moi d'être préparé à cette putain de société "kleenex").
A suivre.
Haut les coeurs!!!
Ce serait peut-être plus facile de le rencontrer que mon nouveau référent "RMI".
Et oui... je persifle, encore et toujours.
En attendant, des gens comme lui devraient avoir une plus large audience.
Tiens... avec tout ce qu'on nous rabat les oreilles sur ce "Grenelle de l'Environnement" les journalistes pourraient donner un plus large écho à cet amoureux de la Terre !
Merci de ta visite.
Kalon vat deoc'h !
C'est vrai que c'est un travail fatiguant, peu valorisant que manier ces outils à mains, mais au moins "à l'époque" on prenait soin du moindre are de terre.
Aujourd'hui, entre la course à la productivité, les réglementations imbéciles, la motorisation outrancière, etc combien de centaines d'ha sont abandonnés.
Rendus improductifs alors que des millions de personnes meurent de faim. Alors que la sur-exploitation des terres mécanisables nous conduit à les rendre stériles.
Je ne prône pas un retour au 18ème siècle, mais... juste un peu plus de discernement dans les actes qui nous conduisent à la faillite.
Vaste sujet de réflexion...
Pour en revenir à mes 2 sources... je serai curieux d'y trouver des truites un jour. Il n'y a pas assez de débit à leur source pour que des poissons s'y installent, mais la Sarre est à une centaine de mètre et là...
Mais là... les excédent d'azote font proliférer des algues qui rendent difficile la survie des poissons.
Quoi ?
Moi, pessimiste, négativiste ?
Pfffff. C'est bien mal me connaître.
Au plaisir.