Dimanche 10 mai 2009
Renouer temporairement avec la blogosphère est un moyen de rappeler son existence.

Les médias nous ont abreuvé d'images de Bretons en goguette à l'occasion de la coupe de France de foot.
Le P'tit Nico n'a pu s'empêcher de se prendre, une fois de plus, les pieds dans le tapis en disant qu'il n'assisterait pas à cette "manifestation" puis, sur les conseils éclairés de nombre de ses "kolaborateurs" il a fait sortir le carrosse présidentiel pour aller voir le "peuple" qui faisait la fête à Saint-Denis.

J'ai une sainte horreur du sport à la télé, du foot en particulier, mais là, Breizhitude oblige, j'ai regardé le premier quart d'heure de retransmission du match. Je voulais surtout entendre l'hymne Breton -Bro gozh ma zadoù- à la télé. Le JT nous en avait diffusé quelques secondes, mais rien ensuite. Tant pis...

Il n'est pas dans mon intention de faire un commentaire de cette soirée. Je profite juste de cette occasion pour "affirmer" mon appartenance à cette "tribu". J'ai été agréablement surpris par le spectacle, qui pour une fois était vraiment convivial, entre deux équipes sensées s'affronter. Rien à voir avec les images habituelles de supporter "avinés", aux propos racistes et xénophobes sans rapport avec les rencontres sportives auxquelles ils assistent pour briser leur ennui et prouver leur connerie.
Non, là, c'étaient des supporters.
Je me suis déjà "accroché verbalement" -et oui, je ne peux m'en empêcher- avec des "bretonnants un peu trop intégristes" qui se sentent "opprimés" par le pouvoir Jacobin, mais hier soir, je me sentais vraiment Breton.
Je ne sais pourquoi mais l'idée que mes grand-parents paternels aient dû quitter cette contrée, chassés par la misère qui y régnait, m'enracine de plus en plus à ce territoire, à sa culture, à son histoire.

Plusieurs chansons occupent une place importante dans ma "playlist cérébrale". C'est la révolte contre l'injustice, le combat pour la défense de ses valeurs -dont on a bien besoin en ce moment-, le sentiment d'appartenance au territoire breton qui les sous-tend :
 



La blanche hermine


J'ai rencontré ce matin devant la haie de mon champ
Une troupe de marins, d'ouvriers, de paysans.
Où allez-vous camarades avec vos fusils chargés?
Nous tendons une embuscades, viens rejoindre notre armée.

Refrain :
La voilà la blanche hermine! Vive la mouette et l'ajonc,
La voilà la blanche hermine! Vive Fougères et Clisson.


Où allez-vous camarades avec vos fusils chargés?
Nous tendons une embuscades, viens rejoindre notre armée.
Ma mie dit que c'est folie d'aller faire la guerre aux francs
Mais je dit que c'est folie d'être enchaînés plus longtemps

[Refrain]

Ma mie dit que c'est folie d'aller faire la guerre aux francs
Mais je dit que c'est folie d'être enchaînés plus longtemps
Elle aura bien de la peine pour élever les enfants,
Elle aura bien de la peine car je m'en vais pour longtemps.

[Refrain]

Elle aura bien de la peine pour élever les enfants,
Elle aura bien de la peine car je m'en vais pour longtemps.
Je viendrais à la nuit noire tant que la guerre durera,
Comme les femmes en noir, triste et seule, elle m'attendra.

[Refrain]

Je viendrais à la nuit noire tant que la guerre durera,
Comme les femmes en noir, triste et seule, elle m'attendra.
Et sans doute pense-t-elle que je suis en déraison
De la voir mon coeur se serre là-bas devant la maison.

[Refrain]

Et sans doute pense-t-elle que je suis en déraison
De la voir mon coeur se serre là-bas devant la maison.
Et si je meurs à la guerre, pourra-t-elle me pardonner?
D'avoir préféré ma terre à l'amour qu'elle me donnait.

[Refrain]

Et si je meurs à la guerre, pourra-t-elle me pardonner?
D'avoir préféré ma terre à l'amour qu'elle me donnait.
J'ai rencontré ce matin devant la haie de mon sang,
Une troupe de marins, d'ouvriers, de paysans.

La voilà la blanche hermine! Vive la mouette et l'ajonc,
La voilà la blanche hermine! Vive Fougères et Clisson

 



Autre titre témoignange de l'attachement à cette terre :

La tribu de Dana

Le vent souffle sur les plaines de la Bretagne armoricaine.
Je jette un dernier regard sur ma femme, mon fils et mon domaine.
Akim, le fils du forgeron, est venu me chercher;
Les druides ont décidé de mener le combat dans la vallée.
Là où tous nos ancêtres, de géants guerriers celtes,
Après de grandes batailles se sont imposés en maîtres.
C'est l'heure maintenant de défendre notre terre
contre une armée de Simériens prête à croiser le fer.
Toute la tribu s'est réunie autour des grands menhirs
pour invoquer les dieux afin qu'ils puissent nous bénir.
Après cette prière avec mes frères, sans faire état de zèle,
les chefs nous ont donné à tous des gorgées d'hydromel,
Pour le courage, pour pas qu'il y ait de faille,
Pour rester grands et fiers quand nous serons dans la bataille.
Car c'est la première fois pour moi que je pars au combat
Et j'espère être digne de la tribu de Dana.

Refrain :
Dans la vallée (oh oh) de Dana (la li la la).
Dans la vallée (oh oh), j'ai pu entendre les échos.
Dans la vallée (oh oh) de Dana (la li la la).
Dans la vallée (oh oh), des chants de guerre près des tombeaux.


Après quelques incantations de druides et de magie,
Toute la tribu, le glaive en main, courait vers l'ennemi.
La lutte était terrible et je ne voyais que des ombres,
Tranchant l'ennemi qui revenait toujours en surnombre.
Mes frères tombaient l'un après l'autre devant mon regard,
Sous le poids des armes que possédaient tous ces barbares,
Des lances, des haches et des épées dans le jardin d'Eden
qui écoulait du sang sur l'herbe verte de la plaine.
Comme ces jours de peine, où l'homme se traîne
À la limite du règne du mal et de la haine.
Fallait-il continuer ce combat déjà perdu ?
Mais telle était la fierté de toute la tribu.
La lutte a continué comme ça jusqu'au soleil couchant,
De férocité extrême en plus d'acharnement;
Fallait défendre la terre de nos ancêtres enterrés là,
Et pour toutes les lois de la tribu de Dana.

[Refrain]

Au bout de la vallée on entendait le son d'une corne,
D'un chef ennemi qui rappelait toute sa horde.
Avait-il compris qu'on lutterait même en enfer
Et qu'à la tribu de Dana appartenaient ces terres ?
Les guerriers repartaient, je ne comprenais pas
Tout le chemin qu'ils avaient fait pour en arriver là,
Quand mon regard se posa tout autour de moi,
J'étais le seul debout de la tribu ; voilà pourquoi
Mes doigts se sont écartés tout en lâchant mes armes,
Et le long de mes joues se sont mises à couler des larmes.
Je n'ai jamais compris pourquoi les dieux m'ont épargné
De ce jour noir de notre histoire que j'ai contée.
Le vent souffle toujours sur la Bretagne armoricaine
Et j'ai rejoint ma femme, mon fils et mon domaine.
J'ai tout reconstruit de mes mains pour en arriver là,
Je suis devenu roi de la tribu de Dana.

[Refrain]


Un sondage -sans valeur scientifique- fait la semaine passée par France2 révélait que plus de 70% des Français estimaient possible une "révolte"...

Alors, P'tit Nico... fais bien attention ; ces paroles sont dans de nombreuses têtes.


Le "Gwen ha du"

Par Ph. LQ - Publié dans : écriture - Communauté : Les Bretons sont dans la place
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